En Birmanie, le massacre avéré de Rohingyas par des soldats

120 personnes tuées en un seul jour dans une localitéHuman Rights Watch (HRW) a publié mardi 19 décembre le récit d’un massacre de Rohingyas qui a eu lieu dans la localité de Tula Toli, dans l’État birman de Rakhine, le 30 août dernier.HRW s’appuie sur des dizaines de témoignages de survivants, actuellement réfugiés dans les camps au Bangladesh. À Tula Toli, HRW a pu répertorier l’identité de 120 personnes tuées par les militaires lors de leur expédition.L’ONG estime que certains massacres commis dans des villages Rohingyas dans l’ouest de la Birmanie ont été clairement planifiés par l’armée birmane, aidée par les populations bouddhistes.« Les atrocités de l’armée birmane à Tula Toli n’ont pas seulement été brutales, elles ont été systématiques », a déclaré Brad Adams, directeur de HRW Asie. « Les soldats ont tué et violé des centaines de Rohingyas avec une efficacité particulièrement cruelle, qui n’a pu qu’être planifiée à l’avance », a-t-il ajouté.Des éléments de « génocide »La semaine dernière, Médecins sans frontières (MSF) avait estimé qu’au moins 6 700 Rohingyas avaient été tués entre fin août et fin septembre. Les violences ont poussé 655 000 Rohingyas à fuir au Bangladesh voisin. Le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme a évoqué des éléments de « génocide ».RELIRE : Au moins 6 700 Rohingyas tués en un mois en BirmanieJusqu’ici, l’armée birmane a toujours nié toutes représailles contre les civils, assurant que seules 400 personnes avaient été tuées, parmi lesquelles « aucun innocent ».« Début du rapatriement d’ici deux mois »C’est dans ce contexte que le Bangladesh et la Birmanie ont réaffirmé mardi 19 décembre leur volonté de commencer à rapatrier en Birmanie à partir de janvier des Rohingyas ayant fui vers le Bangladesh.Les ministres des affaires étrangères des deux pays se sont rencontrés à Dhaka, capitale du Bangladesh, pour finaliser un accord signé le 23 novembre sur le retour volontaire de près de près des trois quarts du million de réfugiés Rohingyas qui vivent actuellement dans des camps au Bangladesh.Un nouveau groupe de travail ayant pour objectif « d’assurer le début du rapatriement d’ici à deux mois » devra établir un calendrier pour procéder à la vérification de l’identité des réfugiés et organiser leur retour, a indiqué le ministre des affaires étrangères du Bangladesh.À lire : le Bangladesh et la Birmanie poussent au retour des RohingyasUn « exercice de relations publiques »Des interrogations sur la sécurité des réfugiés qui rentreraient en Birmanie demeurent. Le haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU Zeid Ra’ad Al Hussein a affirmé lundi 18 décembre n’avoir aucune assurance sur la présence d’observateurs internationaux pour surveiller les conditions dans lesquelles les retours s’effectueront.HRW a estimé que l’accord sur le rapatriement n’était qu’un « exercice de relations publiques » et a estimé que les réfugiés ne seraient pas en sécurité dans l’État de Rakhine, d’où ils sont majoritairement originaires, sans protection ni droits garantis.

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